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La Vérité sort de la Bouche des Imbéciles

La Vérité sort de la Bouche des Imbéciles

Les pensées philosophiques ont toujours un sens opposé à ce qu’elles sont supposées dénoncer. Elles révèlent surtout la mentalité tant de leurs auteurs que de ceux qui les véhiculent.

Ainsi, « Les réseaux sociaux ont donné le droit de parole à des légions d’imbéciles qui, avant, ne parlaient qu’au bar, après un verre de vin et ne causaient aucun tort à la collectivité. Aujourd’hui, ils ont le même droit de parole qu’un Prix Nobel. C’est l’invasion des imbéciles. » Umberto Eco.

Voilà, en quelques mots, tout le mépris dont certains sont capables pour qualifier d’imbéciles ceux qui ne partagent tout simplement pas les mêmes idées qu’eux et de leur rappeler ce qu’ils sont, des « imbéciles », au cas où ils l’oublieraient et se mettraient soudainement à réfléchir.

Imbéciles pour les uns, moutons, bouffons ou incultes pour d’autres, tous dans la chorale sont pourtant directement concernés par ces accusations. Nous sommes tous l’imbécile de quelqu’un et ne pas le comprendre c’est se placer en tête de liste.

Les réseaux sociaux calment leurs pseudo notoriétés et crédibilités usurpées, car la seule collectivité à laquelle ces supposés imbéciles pourraient causer du tort n’est en fait que la leur. La vieille formule selon laquelle un peuple rentable doit être peuplé d’idiots en a enrichi plus d’un.

La technologie en général et les réseaux sociaux en particulier ont considérablement réduit les possibilités de maintenir l’individu dans l’ignorance. Le savoir se propage désormais. Le peuple grandit, s’informe, se questionne, mais surtout, partage ses interrogations au grand dam de tous ceux qui, pendant longtemps, ont largement profité de sa naïveté. Il est clair que cela ne satisfait pas tout le monde, l’actualité le démontre tous les jours.

Regardons un peu vers le bas, vers le monde des petits, soumis et dociles, ceux qui n’ont que le droit d’obéir et se taire, celui des enfants.Beaucoup ont faussement été persuadés qu’ils étaient nuls, qu’ils ne seraient jamais que des bons à rien, des erreurs de la nature pour l’avoir entendu toute leur enfance. Simplement parce qu’ils voyaient la vie autrement, d’une façon qui ne correspondait pas aux standards des adultes, aux traditions. Ils en auront été perturbés une bonne partie de leur existence jusqu’à prendre conscience un jour qu’il n’en était rien. Et leur vie à soudainement changée.

Regardons à présent vers le haut, vers ce monde apparemment envahi d’imbéciles qui, sur les réseaux sociaux, auraient le même droit de parole que des prix Nobel. À force d’être infantilisés et rabaissés depuis des décennies par ceux-là mêmes qui devraient les valoriser et les épanouir, ils ont été convaincus n’être rien d’autre que des imbéciles et se sont comportés comme tel.

Ce sont ces réseaux sociaux si dérangeants qui leur ont fait prendre conscience qu’il n’en était rien.Privés de discernement, ils ont été réduits à n’être rien d’autre que l’ombre d’eux-mêmes, contraints de ne penser qu’à travers des directives à choix limités – lui ou l’autre, comme ceci ou comme cela – sans la moindre alternative pour exprimer leurs réels besoins.Et puis il y a les “dirigeants”, qualificatif soigneusement choisi et martelé en permanence en toutes circonstances pour bien l’imprégner dans la mémoire d’un peuple devenu de ce fait docile et obéissant. Le travail de fond s’est fait sur le long terme. L’intellect a été corrompu et l’affectif conditionné pour que le peuple précisément fasse confiance à ceux dont il aurait dû le plus se méfier. Avec le temps, la confiance n’est devenue rien d’autre que la normalité. C’est l’asservissement !

Les circonstances prouvent que ces imbéciles, comme il est trop facile de les qualifier, n’ont, en fait, jamais été ce qu’ils devaient être. Infantilisés, déresponsabilisés, culpabilisés, ils sont surtout incapables de se défendre pour avoir été dépouillés de leur protection la plus élémentaire : leur capacité de réflexion. Trop facile à présent de les qualifier de moutons.

Si les élites ont perdu toute crédibilité, c’est qu’avec eux tout n’est que mensonge. Il sera bien difficile à présent de faire admettre le contraire à ces gens qui, prenant conscience du peu de considération qui leur est accordée, n’acceptent plus d’être pris pour des imbéciles justement.

Quand nos émotions ne nous appartiennent plus, la phase d’aliénation ne dure qu’un temps. La phase suivante, celle de la prise de conscience, se traduit généralement par un rejet brutal et un changement radical.

Ces imbéciles, certes malhabiles, ont le courage et le mérite de vouloir refaire ce monde qui ne leur correspond pas ou plus, comme ils l’imaginent, avec un manque certain d’expérience et de tact, mais simplement, avec la candeur d’un enfant qui découvre pour la première fois toute l’étendue de ses possibilités. Tout est fait pour qu’ils réussissent.

Et puis il y a ces autres sur leur planète qui suivent aveuglément les directives des prétendants au Nobel, en reprenant sans vérifier ni la qualité ni la provenance de ce qu’ils avalent. Il n’y a pas de pires esclaves que ceux qui s’enchaînent volontairement !

Denis Notari – déc. 2018

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Denis Notari

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